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红日东落第二版第三章

2024-04-12 来源:百合文库

红日东落第二版第三章


Shengjing sortit de l’école avec la mine à la fois endormie et excitée, après avoir terminé le dernier examen de sa quatrième année du secondaire. Même s’il se trouvait encore sous les rayons chaleureux de Montréal, sa pensée flottait déjà vers la Chine, dans un avion qui partira dans une semaine. Ainsi, il se réveilla immédiatement du demi-sommeil causé par l’écriture du texte argumentatif dans l’épreuve, qui n’était apparemment pas un grand problème pour lui, et se dirigea vers la station de métro en espérant qu’il rencontrera son ami Qingshan sur le chemin. Sans gaspiller aucun moment, il commença la marche avec une camarade de classe, mais ce dernier entra aussitôt dans un duplex sur le bord de la rue à une centaine de mètres de l’école et Shengjing redevint seul, marchant dans les ombres des arbres. Par contre, avec les minutes qui passèrent, il était toujours impossible d’apercevoir la silhouette de Qingshan derrière Shengjing.

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Comme ils habitaient dans le même tour d’appartement, l’inquiétude de Shengjing demeura faible et il pénétra dans la station en recevant un coup d’air sur le visage. Quand il arriva sur le quai après les minutes sur l’escalier mobile, il entendit finalement les bruits de pas en rafale, typiques à Qingshan, derrière lui. Contrairement à son habitude, il s’arrêta à côté de Shengjing et demeura silencieux, sans même saluer son meilleur ami à côté de lui. Le sourire propre à lui était disparu de son visage et il gardait les yeux baissés vers les rails, avec les sourcils complètement plissés. Son sac remplis de fournitures scolaires lui faisait balancer et il semblait forcer de tout son corps pour conserver son équilibre. Qingshan oublia même de s’avancer quand le train fut arrivé et c’est la tape de Shengjing qui le fit finalement broncher mécaniquement vers le wagon.

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Le train avançait à toute vitesse dans les tunnels obscures souterrains et Qingshan balançait sur lui-même, montrant la distraction de son esprit. Shengjing remarqua presque immédiatement l’état de son ami et lui céda une place vide afin qu’il puisse s’asseoir, sans pourtant dire aucun mot. Un trou de silence se forma lentement autour de lui, engloutissant les rires et les paroles joviales des gens enjoués du début de la vacance. Jusqu’à ce moment, Shengjing pensait encore que la source de la tristesse de son ami était l’échouement possible de son examen, et lui aussi demeura silencieux dans le but d’y réfléchir une manière de lui consoler. Une dizaine de minutes plus tard, après une série interminable de station passée, Shengjing fit signe à Qingshan de se lever et ils sortirent ensemble du wagon arrivé à leur destination.

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Ils sortirent côte à côte du station Vendôme et débutèrent leur marche vers un tour situé à quelques centaines de mètres plus loin. Accompagné par les pas légers de son ami, Qingshan avançait toujours lourdement avec le regard baissé vers le point de ses pieds. Même sans connaître la raison de cette dépression si soudaine, Shengjing se tut lui aussi et jetait seulement des regards vers Qingshan de temps en temps. Ainsi, la porte arrière du bâtiment s’approchait lentement à l’horizon et Shengjing enfonça finalement la clé dans sa serrure, après avoir traversé un chantier protégé par des gigantesques cônes orange. À ce moment, comme si son cerveau a été rafraîchi par le coup de vent climatisé, Qingshan leva sa tête et ouvrit la bouche comme pour prononcer un mot.

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Sa phrase se transforma finalement en un long soupir, ce qui était impossible selon Shengjing qui connaissais assez bien sa personnalité, et il retomba aussitôt dans sa dépression qui régnait depuis presque une heure. Ainsi, une atmosphère gênante recouvrit la salle et Shengjing, semblait réfléchir sur la cause de l’état de son ami, demeura silencieux lui aussi. La cloche de l’ascenseur sonna à ce moment et ils montèrent ensemble silencieusement dans une répétition de grincement mécanique. Quelques minutes plus tard, la porte s’ouvrit à l’étage de l’appartement de Shengjing avec un coup sec et il traîna Qingshan jusque devant la porte sans dire aucun mot. Il continuait de fixer une lanterne clignotante avec le corps accotée sur le mur pendant que Shengjing ouvrait la porte et passa la main aux coins de ses yeux quand son ami lui fit signe de traverser la porte.

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Shengjing ouvrit la porte du réfrigérateur et prit une bouteille de boisson gazeuse qu’il lança immédiatement à Qingshan qui était assis sur le canapé. Ce dernier attrapa le contenant sans même le regarder et le déposa sur une table basse tandis que Shengjing s’installa dans le fauteuil que Shengyan s’assoyait dedans presque à tout moment. Ils demeurèrent ainsi pendant quelques secondes, quand Qingshan prit finalement la bouteille et dévissa le bouchon en disant :

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- Vous partez quand pour la Chine ? Demanda-t-il en se tournant face à la fenêtre.
- Lundi prochain, répondit Shengjing, pourquoi cette question ?
- Rien, dit Qingshan d’un ton faible, et passe-moi l’ordinateur.
Soudainement, la tête de Shengyan apparut au coin du mur et Shengjing se leva immédiatement, dans le regard perçant de sa grande sœur. Une minute plus tard, il revint avec son ordinateur portable et le tendit à Qingshan, assise silencieusement avec le regard vide rempli de tristesse. Une fois l’appareil dans la main, Qingshan ouvrit aussitôt la page web de la compagnie aérienne du vol de Shengjing et de Shengyan. Pendant ce moment, Shengjing était déjà retourné dans sa chambre avait abandonné la tâche que questionner son ami à sa sœur. Pendant que Qingshan essayait de prendre un billet pour le même vol que ses deux amis, la fille s’approcha de lui et commença à le fixer d’un air douteux, avec un léger sourire qui apparut lentement à ses lèvres.

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Le jeune homme déposa l’ordinateur portable sur la table basse devant lui et s’affala sur le canapé, en soupirant profondément une autre fois. Un peu plus loin, sur le fauteuil, Shengyan le regardait continuellement, mais ne se pressa pas de lui demander des réponses qu’il essayait encore de formuler. Qingshan demeura dans cette position durant quelques minutes avec le regard dirigé vers le plafond, et se leva finalement pour aller s’installer dans la chaise en plastique sur le balcon. Shengyan le suivit immédiatement et lui demanda finalement la raison de sa dépression, une fois assise à côté du jeune homme. Une minute qui semblait interminable passa, et Qingshan commença la parole :

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- Shengyan, demanda-t-il, c’est comment entre vous et vos grands-parents ?
- Assez bien, répondit-elle après un court silence, on s’écrit presque tous les jours.
- J’aimerais tellement faire la même chose, murmura Qingshan avec une voix tremblante, mais…
- Qu’est-ce qui s’est passé ? demanda Shengyan, il n’y a pas grand grand-chose… Oh.
Elle leva le regard et vit son petit frère à travers la porte coulissante, et qui semblait n’avoir rien compris de la conversation. Cependant, il comprit aussitôt qu’une tragédie est arrivée dans la famille de son ami aussitôt qu’il vit l’expression sur le visage de Shengyan. Ne sachant pas quoi faire, il prit un fauteuil pliable et s’assit en face de son ami sans dire un mot, comme s’il essayait de trouver des phrases pour le consoler. Une fois la place prise, Shengjing se tut après avoir constaté un signe distrait de Shengyan et se redressa en même temps quand elle commença à parler :

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- Alors qu’est-ce que tu vas faire ? Demanda-t-elle doucement, as-tu un plan pour la suite des choses ?
- Je retournerai en Chine dans le même vol que vous, répondit-il en regardant d’un air distrait la ligne d’horizon, et on va se séparer à l’aéroport de Beijing.
- Assez bonne décision, ajouta Shengyan en réfléchissant.
- On va se revoir sans doute septembre prochain…
- Shengjing, s’écria-t-elle brusquement en interrompant Qingshan, va appeler nos parents et dit les qu’on va rester quelques jours à Beijing !

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Une fois que Shengjing partit dans sa chambre faire l’appel, Shengyan se tourna vers Qingshan et lui dit calmement :
- On va être avec toi pendant quelques jours, conclut la fille d’un ton rassurant, au moins pour terminer la funérailles.
Quelques heures plus tard, alors que Shengjing venait de s’endormir, le cellulaire qui se trouvait sur la table de chevet sonna soudainement. Surpris par cet appel, Shengjing se réveilla en sursaut et découvrit avec incompréhension que c’était un vieil ami à Vancouver qui ne l’avait plus appelé depuis longtemps. Sans attendre aucun moment, il sortit de son lit et accepta l’appel, en cependant baisser le volume dans le but d’éviter que Shengyan l’entend. Moins d’une seconde après, cet individu commença la discussion avec une phrase que Shengjing n’avait jamais pensé pouvoir l’entendre dire :

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- Shen, dit-il, trouve un restaurant, je serai à Montréal demain.
- Hanlin, répondit Shengjing, je t’ai connu pendant presque dix ans et c’est la première fois que tu invites quelqu’un.
- Ça fait quand même longtemps qu’on se pas vu, n’est-ce pas ?
À ce moment, la lumière dans le salon s’alluma et Shengjing baissa soudainement sa voix pour percevoir le moindre son.
- Shengjing, demanda Hanlin, es-tu encore là ?

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- Chut, répondit-il en chuchotant, il y a quelqu’un qui a ouvert la lumière du salon à vingt-trois heures.
- Est-ce que c’est ta sœur ?
- Peu probable, elle ne se réveille jamais avant avoir dormi jusqu’au lever du soleil sauf si elle est malade.
- Laisse faire, conclut Hanlin, mon train de Toronto à Montréal arrive demain soir vers 18 h, j’espère que t’aura la gentillesse de venir m’accueillir.

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- Ça, c’est dit, mais tu ne venais pas de Vancouver ?
- Un petit détour, je te raccroche !
Shengjing enleva son cellulaire de ses oreilles et découvrit sans grande surprise que l’écran est redevenu la photo du fleuve Saint-Laurent. Quelques secondes plus tard, cette image disparut aussi, repoussant la chambre du jeune homme dans l’obscurité totale avec seulement une fente lumineuse sous la porte. Même sans connaître de but de la visite soudaine de son ami, il ouvrit quand même l’application de l’agenda dans son téléphone et inscrivit l’heure d’arrivée du train de la journée suivante. Il se doutait toujours de la raison : pour quelqu’un qui a grandi à Montréal, c’est quoi le but de trouver un guide ? Une fois terminé, il ouvrit la porte de sa chambre et sortit sur le point de ses pieds, puis se dirigea vers le salon avec les lumières grandes ouvertes.

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Contrairement à sa prévision et à sa connaissance, Shengyan était assis dans son fauteuil en train de coudre un morceau de tissu noir. Après avoir entendu les craquements du plancher, elle jeta un coup d’œil à son frère et recommença la couture, sans dire un mot. Shengjing s’assit sur le canapé en silence après avoir déverrouillé son téléphone cellulaire, en attendant calmement que sa sœur termine le travail. Un lien apparut en haut de l’écran de Shengjing, que ce dernier découvrit que c’était le lien indiquant l’heure d’arrivée du train de Hanlin Wang le lendemain, ou pourrait-on dire, dans quelques heures. Il tendit l’appareil vers sa sœur pour l’informer de cette nouvelle, et découvrit avec surprise qu’elle était en train de regarder une goutte de sang qui coulait du point de son index. Il soupira doucement et prit l’aiguille de la table basse après avoir tendu un mouchoir à Shengyan.

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- Hanlin s’en vient demain ? Demanda-t-elle, avec le doigt dans le mouchoir.
- Oui, il y a un problème ?
Shengjing avait pris le rôle de terminer le travail et il déposa trois brassards noirs avec un minuscule triangle rouge dessus sur la table. En voyant le produit du travail de son frère, Shengyan jeta le morceau de papier dans une corbeille et prit le dernier morceau de tissu :
- Frère, s’exclama-t-elle en surprenant, je ne savais pas que t’arrivais à faire de la couture !

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- Pas seulement la couture, répondit-il avec un léger sourire, aussi de la soudure.
- Laisse tomber tes rimes, dit-elle, et Hanlin va venir demain ?
- Le train arrivera dans 18 h.
Elle se leva et retourna dans sa chambre avec un profond bâillement et réouvrit la porte pour rappeler à Shengjing de porter le brassard jusqu’à la funérailles de la grand-mère de Qingshan.
Quelques heures plus tard, quand Shengjing cogna à la porte de l’appartement de Qingshan, il entendit des craquements qu’il imaginait venir du vieux canapé datant de la dynastie Qing. Pendant qu’il était en train de réfléchir comment les parents de son ami ont pu transporter un meuble aussi gigantesque à travers l’océan, Qingshan apparut à la porte en se massant la hanche, montrant qu’il a sans doute passé la nuit sur le canapé. Des cernes pâles avaient apparu sous ses yeux et ses cheveux, huileux à un point qu’on pourrait cuisiner des frites, couchaient sur sa nuque avec un genre de fatigue profonde. La visite de son ami ne le surprit pas et l’invita à s’asseoir dans le salon en ouvrant grandement la porte avec un bâillement.

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Ses parents se trouvaient en ce moment en Chine et seulement Qingshan vivait dans cet appartement à trois chambres, dont le plus petit servait de bureau à son père. En face de la porte du bureau, se trouvait la chambre de Qingshan, avec un poignet à verrou que le jeune homme avait mis en place pour protéger une raison inconnue. Une odeur de bois ancien régnait dans l’atmosphère du salon, prouvant à tous les visiteurs l’âge et l’importance des fournitures antiques dans la pièce. Vue d’ensemble, l’appartement était dans un ordre assez minimaliste, avec seulement quelques meubles principaux pour les utilisations quotidiennes, si on ignorait l’état dans la chambre de Qingshan.

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Deux valises ouvertes se trouvaient au milieu du salon : une grande avec assez d’espace pour mettre une femme adulte, et une petite qu’on ne pouvait seulement y faire entrer un jeune enfant. Après un moment de réflexion, Shengjing eut la conclusion que Qingshan avait certainement passée les premières heures de la nuit pour faire ses bagages, et s’était endormis directement sur le canapé quand il s’était assis pour prendre un minuscule repos. Qingshan comprit aussitôt la pensée de son ami et hocha légèrement la tête pour approuver ses pensées. Sans plus attendre, Shengjing raconta à son ami l’arrivé de Hanlin Wang, une personne que Qingshan connaissait comme un gentil voisin. Une fois la phrase de son ami terminée, Qingshan prit le brassard noir que Shengyan avait cousu la soirée précédente et l’épingla sur son chandail, avec un pas balançant qui attira presque immédiatement le regard de Shengjing remplis d’inquiétude.

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Dans un vent puissant à arracher les cheveux, Shengjing pénétra dans la gare centrale de Montréal, accompagné de sa sœur et de son ami. Le panneau à DEL indiquait que le train de Hanlin arriverait dans une dizaine de minutes, nécessitant alors une attente que les trois personnes décidèrent de passer dans un café en face de la sortie que Hanlin prendrait. Ils prirent place à une petite table ronde avec seulement la place pour trois personnes, et Shengyan décida de s’asseoir à côté de Qingshan, faisant dos au mur. Ce dernier ne se rendit pourtant pas compte de la présence de la fille proche de lui et gardait les yeux fixés vers le panneau d’affichage avec le regard vide. En face de lui, Shengjing jetait des regards à lui de temps en temps, tout en conservant l’attention sur les nouvelles sur son téléphone cellulaire.

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Quelques minutes après le début de l’attente, une foule bruyante sortit du quai souterrain et un homme apparut en marchant vers Shengjing d’un air décidé. Dans sa main, une valise noire avec de nombreuses traces d’usures et de perte de teinture. En souriant, il s’arrêta à une dizaine de mettre devant Shengjing, et lui fit un geste de sa main en remettant son téléphone cellulaire dans sa poche. Ce dernier se rendit compte immédiatement de l’arrivé de l’individu et se leva en faisant signe à sa sœur et son ami de faire l’identique.

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Ils se saluèrent debout, et commencèrent à marcher vers la sortie de la gare. En chemin vers le stationnement, Hanlin commença à demander à Shengjing son plan pour les vacances et obtint la réponse d’un voyage en Chine. Comme s’cette réponse le rassurait, il se tut et commença à marcher silencieusement avec les trois adolescents dans la foule. Il avait remis sa main dans la poche de son coupe-vent bleu foncé et semblait caresser un objet très important pour lui. Pourtant, aucun des trois ne s’était rendu compte de son geste, surtout avec Shengyan en train d’essayer d’animer l’ambiance avec Qingshan en avant.

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Ils arrivèrent dans un restaurant que Hanlin a suggéré, après d’avoir constaté que ni sœur ni frère n’arrivait à donner un bon endroit pour cette rencontre. Ils prirent place dans un coin au fond de la salle principale, et Hanlin plaça Shengjing à côté de lui, proche de lui, comme pour faciliter le déplacement. En attendant que les mets arrivent, Hanlin prit le rôle de Shengyan et commença à discuter des sujets divers avec Qingshan de la manière d’un vieux sage. Shengjing et sa sœur n’aurait jamais cru que Hanlin Wang, autrefois un jeune homme si dérangeant, était devenu si habile en secteur de psychologie à 23 ans. Avant même que Qingshan lui racontât ses histoires, il avait déjà compris la pensée de ce dernier et lui consola d’une manière que l’adolescente n’aurait jamais imaginé.

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Deux heures plus tard, au milieu du repas qui s’étendait à ne plus en finir, Hanlin fit signe à Shengjing de sortir un moment. Ils se levèrent en même temps et arrivèrent dans la noirceur de la nuit après avoir traversé silencieusement le centre commercial. Ensuite, dans le regard incompris de Shengjing, il sortit une enveloppe de la poche de son coupe-vent et l’offrit précieusement à Shengjing. Voyant que ce dernier n’avait pas compris le but de son geste, il toussa légèrement et commença :

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- Je peux te faire confiance, n’est-ce pas ? Demanda-t-il sincèrement.
- Je crois que oui, répondit Shengjing, mais je ne suis pas très sûr de ce point.
- Dans ce cas-là, conclut Hanlin en rentrant à l’intérieur, lis cette lettre dans l’avion et ne laisse personne savoir que tu as reçu cette lettre.
Il retourna dans le restaurant et redevint l’homme jovial que Shengyan et Qingshan connaissaient. Shengjing n’a toujours pas compris le but de cette lettre, mais décida quand même d’attendre dans l’avion pour la décacheter.

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Cinq jours plus tard, Hanlin salua les trois adolescents dans l’aéroport Pierre-Elliot-Trudeau de Montréal. Avec chacun plusieurs valises dans la main, leur voyage commencerait par un trajet entre Montréal et Beijing, la ville à laquelle ils resteraient une semaine pour la funérailles de la grand-mère de Qingshan. Dans les rayons du soleil levant, Hanlin donna une légère tape sur l’épaule de Shengjing, comme s’il allait lui donner une mission incroyable et difficile. Il ne dit pourtant rien, et accompagna du regard les trois disparaître à travers les vérifications de sécurités.

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L’avion accéléra de plus en plus sur la piste, se dirigeant vers l’aéroport de Beijing. Shengjing avait pris la place au bord de la fenêtre et observait à ce moment le paysage canadien avant que l’avion ne traverse les nuages. Quelques heures plus tard, il enregistra le plan d’un roman et ferma son ordinateur portable, puis découvrit que Shengyan et Qingshan s’étaient tous endormis à côté de lui. Un silence profond régnait dans la cabine et on n’y entendait que les vrombissements des moteurs à l’extérieur, provoquant un léger malaise au cœur de Shengjing. Il sortit à ce moment la lettre que Hanlin lui avait donnée et fut incrédule devant les informations qu’elle renferme. Une fois la lecture terminée, il replia la lettre et réfléchit longuement à propos de la suggestion. Avec le cerveau de plus en plus lourd, il s’endormit lui aussi, la tête collée sur le hublot.

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